J.I.R. / 11-03-10
Depuis moins d’un mois, les catholiques sont entrés en Carême. Une période de privation de nourriture pour beaucoup d’entre eux. À l’occasion du Ramadan pour les musulmans ou avant le Cavadee pour les Tamouls… le jeûne est omniprésent dans les religions. Bénéfique pour l’âme, est-il néfaste pour le corps, notamment lorsqu’on a une santé fragile ? Éléments de réponse.
POUR LES MUSULMANS : “CELUI QUI EST MALADE NE DEVRA PAS JEÛNER”
L’islam est la religion la plus précise dans ses textes en matière de jeûne.
Dans le Coran, sourate 2 (verset 183-185), on peut ainsi lire : “Ô les croyants ! On vous a prescrit le jeûne comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindriez vous la piété, pendant un nombre déterminé de jours … Ces jours sont le mois du Ramadan au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. Quiconque d’entre vous est présent en ce mois, qu’il jeûne !” Pour les responsables religieux, cela signifie que le “jeûneur” devra s’abstenir de manger, de boire et d’avoir des relations intimes avec son épouse de l’aurore au coucher du soleil. Et après le coucher du soleil jusqu’a l’aurore, il a de nouveau le droit de manger, boire et d’avoir des relations. “L’objectif du jeûne du Ramadan est que l’instinct spirituel prenne le dessus sur l’instinct animal. Au travers du jeûne, je dois devenir un meilleur époux, un meilleur fils, un meilleur voisin… Que je ne me laisse plus guider par la colère ou les instincts bestiaux…”, explique Mohammad Bhagatte, imam de la grande mosquée de Saint-Denis.
Mais pour ceux qui ont un état de santé fragile, à l’image des diabétiques et autres femmes enceintes, le Coran autorise une forme de “dérogation” au jeûne : (sourate 2, verset 183-185) “Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter qu’avec grande difficulté il y a une compensation : nourrir un pauvre. Et si quelqu’un fait plus de son propre gré, c’est pour lui. Mais il est mieux pour vous de jeûner, si vous saviez ! … Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours.” Mohammad Bhagatte tient à rappeler que “l’islam tient compte de la nature humaine, si quelqu’un est malade, ce n’est pas de sa faute. Celui qui est si malade et que le docteur recommande qu’il ne doit pas jeûner car cela mettrait sa santé en péril ne devra pas jeûner. Si sa maladie persiste, il offrira une aumône en échange de son jeûne. De même pour la femme enceinte ou une personne âgée”.